Le chef Edmond Brazeau de Kitcisakik, un village à 100 km au nord de Val-d'Or, a dit que chez lui, c'était le tiers-monde. On dénombre trois cent quatre-vingts habitants. Ils n'ont ni électricité, ni eau courante, pas d'école non plus. Dès l'âge de 6 ans, les enfants partent toute la semaine à Val-d'Or pour aller à l'école. Ils vivent plusieurs années en arrière. Leurs maisons sont rudimentaires, la plupart n'ont qu'une seule pièce. Les habitants doivent même aller chercher leur eau potable au puits du village. Ces gens ont plus de problèmes de dépression et de violence parce qu'ils sont isolés du reste du Canada.
La communauté de Kitcisakik a été longtemps nomade, mais depuis six ans, elle veut s'établir en permanence comme village, et non plus comme réserve. Les gens du village veulent de l'aide, mais ils veulent aussi prendre leur propre décision.
C'est pourquoi à Masteuhiash, au Lac-Saint-Jean, a eu lieu le Forum socioéconomique sur les Premières Nations. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, plusieurs de ces ministres et le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon étaient de la rencontre. Pourquoi le ministre des transports ? Aucune idée. Je crois que le forum n'intéressait pas vraiment le gouvernement fédéral. Cannon est même parti avant la fin du forum. Stephen Harper a dit qu'il est pour l'unité du Canada au québécois, alors pourquoi aider les premières nations ?
M. Brazeau espérait que les deux gouvernements réagiraient, mais en vain... Voyant cela, à la fin des trois jours du forum, les autochtones ont monté le ton d'un cran, surtout contre Ottawa. En particulier le président de lAssemblée, Ghislain Picard. Aucune garantie ne lui a été faite à propos des 10 000 logements qui sont nécessaires de construire. Ils croient qu'Ottawa veut les assimiler.
Des organismes comme l'UNICEF et l'ONU blâment depuis longtemps le Canada pour les problèmes de ce peuple. Le développement de ces communautés passe par le partage entre nos deux peuples.
Rien de concret n'a encore été décidé. Des belles paroles qui laissent les autochtones sur leurs espoirs d'avoir enfin ce qui leur revient.