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André Boisclair propose un nouveau règlement sur la qualité de l'air


    Tous les citoyens québécois devraient avoir accès à la meilleure qualité d'air possible, estime le chef du Parti québécois, André Boisclair.

    Ce dernier a en conséquence proposé samedi l'adoption d'une politique en ce sens, lors d'une réunion du Conseil national du PQ tenue dans la Vieille Capitale.

    « C'est une proposition ambitieuse. Autour de la question de la qualité de l'air, plusieurs enjeux sont sur la table : la santé publique, l'urbanisation, l'aménagement du territoire ou le développement industriel », a dit M. Boisclair.

    En conséquence, il a fait valoir qu'un éventuel gouvernement péquiste fasse adopter un nouveau règlement imposant des normes plus élevées en matière de qualité de l'air.

    Le nouveau règlement devra notamment répertorier tous les produits toxiques dans l'air ambiant, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des édifices. De nouvelles normes de construction des bâtiments seraient envisagées.

    Le règlement combattra de façon plus efficace le smog urbain, les odeurs, les pluies acides et toute source d'émission toxique.

    "La réglementation québécoise (elle date de 1979) n'est pas à jour. Un nouveau règlement a été pré-publié par le gouvernement, mais on est loin de la cible, selon plusieurs observateurs, a expliqué le chef de l'opposition. Il faut faire autour de la qualité de l'air ce qu'on a fait avec la qualité de l'eau, c'est-à-dire mobiliser tout ce qu'il y a de ressources, engager un débat public, et donner un mandat générique au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (le BAPE) sur la qualité de l'air".

    La proposition de M. Boisclair a été adoptée à l'unanimité des membres du parti.

    Le chef du PQ a aussi défendu le refus de son parti de joindre la coalition mise sur pied par le gouvernement Charest pour réclamer d'Ottawa le respect du protocole de Kyoto. M. Boisclair a accusé le ministre de l'Environnement du Québec, Claude Béchard, de ne pas être crédible et le gouvernement fédéral de faire preuve d'arrogance dans ce dossier.

    André Boisclair a rappelé que les députés péquistes se sont déjà prononcés en faveur du traité international à l'Assemblée nationale. Il a reproché au gouvernement Charest de mener une opération partisane qui ne réclame même pas le montant de 328 millions $ que Québec attend d'Ottawa pour l'application de son plan vert.

    Par ailleurs, les délégués péquistes ont par ailleurs été sensibilisés à plusieurs aspects de l'environnement par des spécialistes.

    L'écologiste Steven Guilbault, de Greenpeace, a insisté sur la nécessité de réduire la dépendance du Québec face au pétrole.

    Il faut le faire principalement en augmentant la disponibilité et la qualité du transport en commun. Les Québécois achètent annuellement 10 milliards $ en produits pétroliers, toujours à l'avantage des étrangers. Il faut chercher à conserver une partie de cette somme au Québec par des recours à d'autres sources d'énergie, croit-il.

    Un spécialiste des véhicules électriques, Pierre Lavallée, a rappelé que l'automobile demeure au coeur des déplacements des Québécois. Il y a 5,3 millions de véhicules en circulation au Québec et l'automobile accapare 92 pour cent des déplacements.

    L'automobile pollue beaucoup : chaque véhicule consomme en moyenne 2 000 litres d'essence par an, ce qui produit cinq tonnes de gaz carbonique. M. Lavallée imagine un monde idéal où il y aurait un véhicule électrique sur cinq au Québec, soit un million d'automobiles mues par l'électricité.

    Dans un tel cas, on économiserait 2 milliards de litres d'essence par année, soit 14,8 pour cent du pétrole utilisé pour le transport. On économiserait aussi 1,8 milliard $ en coûts pétroliers.

    Par ailleurs, le juriste et constitutionnaliste Michel Yergeau a expliqué que le gouvernement fédéral pourrait finir par exercer une compétence exclusive sur l'environnement, si Québec néglige d'agir.

    Ottawa pourrait en effet invoquer la théorie de l'urgence d'agir dans ce secteur pour convaincre la Cour suprême de lui céder tout ce champ de compétence.


Article tiré de CyberPresse.ca
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