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Mes délires, divagations et folies sur : musique, cinéma, société, coups de coeur et coups de geule, mes textes et poèmes, Johnny Depp, Tim Burton, Peter Jackson, film d'horreur, Nostradamus, Vampires, Leonardo da Vinci, dictionnaire elfique, bons plans,

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Réduire le CO2


    Le réchauffement de la planète peut bouleverser les climats de façon imprévisible. Cela peut même causer un refroidissement important en Europe si la grande boucle de l'Atlantique-Nord s'immobilise!

    Mais d'ici là, ce n'est pas en Europe qu'il fait froid. C'est ici, dans l'est du Canada!

    Le bouleversement du climat a déjà eu des conséquences dramatiques au Canada: il a empêché la reconstitution des stocks de morue, plongeant toutes les Maritimes dans le marasme économique. Il a aussi provoqué l'assèchement des réservoirs hydroélectriques québécois, à tel point que la sécurité énergétique des Québécois est compromise. Que faire? Découverte examine les alternatives et identifie les provinces qui vont tirer profit de la lutte à l'effet de serre et celles qui vont payer le gros prix.

    Depuis 1992, sur la côte est du Canada, les bateaux de pêche restent au port. Il n'y a plus de morues au large de Terre-Neuve.

    Une tragédie qui a fait des dizaines de milliers de chômeurs dans les Maritimes et au Québec. Tragédie attribuable à la pêche excessive, mais aussi au bouleversement du climat.

    La terre ne s'est pas réchauffée de façon uniforme au cours des trente dernières années. Les Territoires du Nord-Ouest et la Sibérie se sont réchauffés quatre fois plus que le reste de la planète. Or, le grand paradoxe, c'est qu'il y a aussi des endroits qui se sont refroidis. Et le pire refroidissement est survenu chez nous, dans le nord-est du Canada. L'eau est devenue trop froide pour la morue. Les stocks de poisson n'ont pas pu se régénérer.

    En même temps, le nord du Québec est devenu plus froid, ...et surtout plus sec en hiver. Au point que les réservoirs sont presque vides derrière les barrages d'Hydro-Québec.

    À cause de cette sécheresse, le Québec devra maintenant importer de l'électricité!

    La sécheresse pourrait d'ailleurs devenir un problème planétaire si on double le taux de CO2 dans l'atmosphère.

    En brun: les zones où le sol deviendrait 10% plus sec qu'à l'heure actuelle. Au Canada, les Prairies pourraient devenir un désert... et ça laissera beaucoup moins d'eau dans les Grands Lacs et dans le Saint-Laurent.

    À l'INRS-eau, Michel Slivitsky estime que l'eau du fleuve baisserait d'un mètre.

    Ses prédictions se sont guère optimistes: les années les plus sèches qu'on ait connues historiquement sur le Saint-Laurent risquent de devenir à peu près des années normales.

    « J'ai lu des documents d'archives où le lac Saint-Pierre était quasiment une vasière », rapporte-t-il. « Il y avait un petit chenal, tout au milieu du lac... Le niveau était tellement bas! »

    Il renchérit:« Et si on essaie s'imaginer la navigation, actuellement, dans des conditions comme c'était en 1930 ou 1960 et comme ça risque de se reproduire, je regrette: il n'y a pas beaucoup de bateaux à fort tonnage qui risquent de remonter jusqu'au port de Montréal! Ils vont être obligés d'attendre ou d'aller ailleurs! »

    Mais avant de déplacer le port de Montréal à Québec ...ou à Baltimore, ne pourrions-nous pas réduire les gaz à effet de serre?

    En '90, l'humanité produisait six milliards de tonnes de CO2, une tonne par être humain. La moitié de ce gaz, trois milliards de tonnes, est recyclée dans la biomasse des océans. Ce qu'il faut éliminer, c'est l'autre moitié, celle qui reste dans l'atmosphère.

    À la conférence de Kyoto, l'an dernier, les pays riches ont trouvé cet objectif trop ambitieux. Au lieu de réduire les émissions de trois milliards de tonnes, on va commencer par un tiers de milliard.

    ...Et on se donne dix ans pour y arriver! Selon Steven Guilbault, de Greenpeace, les Européens prennent cet engagement très au sérieux. Mais quels sont ces pays, au juste?

    « La Grande-Bretagne, l'Allemagne... et quelques autres. Et ce qu'on voit, c'est que plusieurs de ces pays-là vont rencontrer leurs objectifs de Kyoto. Les grands méchants --il faut le dire-- les grands méchants dans ce dossier-là à l'échelle internationale, sont le Canada et les États-Unis qui essaient, par toutes sortes de moyens, d'éviter d'avoir à faire quoi que ce soit sur ce dossier-là, notamment au niveau national. »

    Un Canadien moyen, en 1990, produisait vingt tonnes de CO2. Quatre fois plus qu'un Européen! Nous avions promis de baisser à 18 tonnes et trois-quarts d'ici 2010 mais jusqu'ici, au contraire, nous avons augmenté à 23 tonnes par personne.

    Et ce sera bientôt 24, si nos gouvernements donnent suite au projet de produire un million de barils de pétrole par jour à partir des sables bitumineux de l'Alberta.

    Steve Guilbault n'hésite pas à laisser connaître le fond de sa pensée à ce sujet-là: « Le Gouvernement canadien s'en va là-dedans tête baissée à coûts de milliards et c'est... c'est très rétrograde parce que, d'un côté on tient un discours qui dit: « écoutez, il faut réduire les gaz à effet de serre » et que d'un autre côté, on donne des milliards de dollars à des compagnies pour qu'on développe du pétrole... et en plus, du pétrole très polluant! »

    Mais, ironiquement, ce pétrole, nos voitures en ont besoin! La mode est aux six cylindres, aux fourgonnettes, aux quatre roues motrices... Résultat: la voiture d'aujourd'hui brûle 13% plus d'essence que celle de 1986, à kilométrage égal.

    Et avec le développement des banlieues, beaucoup de familles ont plusieurs voitures, des voitures qui roulent plus qu'autrefois.

    Pas étonnant que le tiers de notre CO2 vienne du transport!

    Pourtant, il serait possible de fabriquer des voitures beaucoup moins gourmandes, comme la Prius de Toyota: elle consomme trois fois moins d'essence qu'une auto ordinaire.

    Une autre avecnu : les essences "vertes" enrichies avec de l'éthanol. Cet alcool est fabriqué à partir des plantes : maïs, blé ou, mieux, de simples déchets de bois.

    Or les arbres et ces plantes, pendant leur croissance, ont pris du CO2 dans l'air. En brûlant l'éthanol, on ne fait que retourner le CO2 là où les plantes l'avaient pris. Cela n'augmente pas vraiment l'effet de serre.

    Une autre solution peu connue: cette petite centrale thermique qui fournit 25 mégawatts d'électricité, de quoi alimenter 16 000 maisons. Elle est en plein coeur de Montréal, à côté de l'ancienne carrière Miron, qui sert de dépotoir. Son combustible, c'est le méthane qui se dégage des millions de tonnes de déchets en putréfaction. Autrefois, ce biogaz explosif se perdait dans l'atmosphère. Maintenant, on l'aspire dans un vaste réseau de canalisations reliées à la centrale. Est-ce que cela réduit vraiment l'effet de serre?

    Voici la réponse de Martin Héroux, à la ville de Montréal:

    « Ah! Bien certainement qu'on réduit l'effet de serre! Parce que le méthane est quand même 21 fois plus agressif que le CO2 en potentiel d'effet de serre. Alors en le brûlant, le méthane, il se transforme en CO2 puis en eau. Cela réduit de beaucoup l'impact du biogaz sur l'effet de serre. »

    Une vingtaine d'autres municipalités font de même à travers le Canada mais il serait possible de faire mieux.

    « Présentement, ce qui est capté, en termes de biogaz, équivaut aux émissions d'environ 6 millions de véhicules automobiles », évoque Martin Héroux. « On pense qu'on pourrait arriver à doubler cette quantité de gaz-là. »

    Bien sûr, ça ne remplacera jamais tout le charbon, le pétrole et le gaz naturel mais si nous ne pouvons vivre sans combustibles fossiles, choisissons au moins le plus propre: le gaz naturel. Il contient peu de carbone et produit donc peu de CO2.

    M. Héroux fait l'apologie du gaz naturel: « Le gaz naturel, ça émet beaucoup moins que le pétrole et le charbon. Et nous, ce qu'on dit, c'est que dans un premier temps, il faut cesser d'investir dans le charbon et dans le pétrole --qui sont les pires formes-- et transférer ces investissements-là dans les énergies renouvelables, comme le solaire, comme l'éolien. »

    «  Le Danemark produit déjà à peu près 6% de son énergie par ... par l'éolien et on nous dit que, d'ici 2030 (ce qui n'est quand même pas si loin que ça), il va produire à peu près 50% de son énergie à partir de l'éolien. »

    « Et le Canada a un potentiel éolien beaucoup plus important que le Danemark! », conclut-il.


Article tiré de Radio-Canada.ca/Decouverte

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