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Mes délires, divagations et folies sur : musique, cinéma, société, coups de coeur et coups de geule, mes textes et poèmes, Johnny Depp, Tim Burton, Peter Jackson, film d'horreur, Nostradamus, Vampires, Leonardo da Vinci, dictionnaire elfique, bons plans,

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Un ticket modérateur pour les déchets ?


    Vous entendez le camion à ordures s'approcher. Vous jetez un coup d'oeil par la fenêtre. L'éboueur saisit votre sac et le dépose délicatement sur une balance. Puis il note son poids, le jette dans le camion et poursuit son chemin. Quelques mois plus tard, une facture vous est acheminée selon le poids de vos déchets.

    L'idée vous semble incongrue? Elle émane pourtant de Recyc-Québec, la société d'État chargée du recyclage. Cette dernière souligne que là où cette mesure a été appliquée, les résultats ont été plus que probants: une réduction de la quantité de déchets allant jusqu'à 38 % et une augmentation idoine des matières récupérées.

    Constatant les limites de l'approche volontaire dans son tout récent Guide sur la collecte sélective des matières recyclables, la société d'État suggère en effet aux municipalités de fixer un tarif (selon le poids ou le nombre de sacs) plutôt que de dissimuler le coût du service dans les impôts fonciers (compte de taxes).

    «Au Québec, écrit-on, on observe que les résultats de plusieurs programmes municipaux de collecte sélective ont stagné au cours des dernières années avec l'application de mesures qui reposent sur l'implication volontaire des citoyens. Ainsi, les municipalités devraient mesurer les impacts de l'adoption d'approches plus coercitives.»

    Une des idées suggérées est le «pay as you throw»: plus le citoyen jette, plus il paye cher, ce qui l'incite à expurger son sac à poubelle du maximum de matières recyclables. Cela peut être fonction du poids des sacs ou de leur nombre. L'institut CD Howe, entre autres, milite pour l'application de cette mesure.

Pratique répandue

    Au Canada, 200 municipalités auraient recours à une forme ou une autre du principe de l'utilisateur-payeur, dont 150 en Ontario. La capitale de la Colombie-Britannique, Victoria, a par exemple fixé une limite de sacs par semaine: chaque sac supplémentaire doit porter un timbre d'une valeur de 3,50 $.

    Aux États-Unis, plus de 6000 municipalités auraient adopté ce principe, selon l'Environmental Protection Agency (EPA). Toutes les municipalités d'Irlande sont en passe de l'appliquer. Et en Suisse, où les citoyens sont habitués à payer selon le poids de leurs déchets, leur taux de recyclage avoisine 50 %.

    Et Montréal? Serait-il possible d'équiper les camions à ordures de la métropole de balances électroniques? «Techniquement, oui, car la technologie est très poussée aujourd'hui, selon Jean-François Léonard, coordonnateur en environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). La difficulté, cependant, est financière.»

    Le problème, c'est que l'installation d'un tel système coûterait très cher, de même que tout ce que cela implique comme autres dépenses (inspecteurs, sensibilisation, etc.) «Dans la mesure où tu as les moyens de faire appliquer à la lettre le règlement, ça peut s'avérer efficace. Sinon, il est très difficile de rattraper une tentative infructueuse», note M. Léonard.

    Selon CD Howe, les bons résultats liés à la pesée des sacs ou autres tickets modérateurs s'expliquent par le fait que les citoyens ignorent trop souvent le véritable coût de la collecte des ordures. En imposant un tarif, ils sont du coup sensibilisés à la quantité de déchets jetés.

    Charles Tremblay, d'Éco Entreprises Québec est tout à fait d'accord avec cette approche. Il prétend même que le coût de la collecte, environ 150 $ par porte, pourrait être plus élevé. «Ça me coûte plus cher pour faire déneiger mon entrée ou pour m'abonner à La Presse, lance-t-il. Les gens, ça ne les dérange pas de payer plus cher pour un service, en autant qu'ils le voient et qu'ils soient en mesure de l'apprécier.»

Là où ça fait mal

    Les matières recyclables déposées dans le bac vert vont-elles au dépotoir ? Bien des Québécois se posent la question, se remémorant quelques anciens reportages faisant état de cette pratique.

    La réponse? Non. Les matières récupérées étant à la base même de l'industrie du recyclage, elles sont triées puis vendues, pour la plupart. Certes, quelques détritus sont tout de même envoyés au dépotoir car ils ne trouvent pas acheteurs ou parce qu'il n'y a pas de marché.

    Selon Recyc-Québec, le taux de rejets des centres de tri québécois est de 6 %. Il varie de 18 % pour les petits centres à 4 % pour les plus gros. Plus de la moitié des rejets sont composés de matières non recyclables, c'est-à-dire de matières non acceptées par les programmes municipaux de collecte sélective.


Article tiré de Cyberpresse.ca
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