La nouvelle Loi sur les émissions polluantes du
gouvernement fédéral n'imposerait pas de nouvelles normes aux
principaux pollueurs du pays avant 2010, révèle un document interne du
Parti conservateur.
Le document affirme qu'une réduction des
émissions des plus importants pollueurs industriels du pays serait
précédée par un processus consultatif d'une durée de quatre ans.
La
nouvelle loi, qui doit être déposée jeudi aux Communes, est la pierre
d'assise du programme environnemental «canadien» proposé par le
gouvernement conservateur. Le document, intitulé «déclaration
d'intention», suggère que ce programme s'alignera sur les règles en
vigueur aux États-Unis.
Il
explique que le gouvernement étudiera la faisabilité de réduire les
émissions de gaz à effet de serre (GES) de 45 pour cent à 65 pour cent
en deçà de leur niveau actuel d'ici 2050, sans toutefois établir
d'objectifs à court terme.
La commissaire fédérale à
l'Environnement Johanne Gélinas écrivait pourtant, dans un document
rendu public plus tôt ce mois-ci, que de tels objectifs à court terme
sont essentiels pour réduire les émissions de GES.
La
déclaration d'intention explique que les ministres de l'Environnement
et de la Santé mèneront des «consultations détaillées avec les
provinces, les territoires, les peuples autochtones et les autres
intervenants (...) sur le développement des règlements proposés pour
réduire les émissions industrielles» avant l'établissement d'objectifs
à court terme.
Les premières mesures entreront en vigueur
d'ici la fin 2010, et les autres «aussitôt que possible après ce
moment». Le document indique aussi que les nouvelles règles seront «en
accord avec» ou «au moins aussi sévères» que celles ayant cours aux
États-Unis.
C'est le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack
Layton, qui a mis la main sur la «déclaration d'intention». Il estime
que ce document démontre que le gouvernement conservateur n'entend pas
se montrer trop sévère envers les pires pollueurs.
«Le
gouvernement a promis d'agir (mais) il nous propose des délais.
Plusieurs des mesures ne s'appliqueront pas avant cinq ans, a-t-il
dénoncé. Dans certains cas, nous nous alignons sur les normes
américaines. Ce n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un plan
canadien. C'est une copie conforme de la solution américaine, mais avec
un délai.»
Matthew Bramley, du Pembina Institute, un organisme
de recherche en environnement, rappelle que le gouvernement libéral
précédent avait lui aussi organisé des consultations d'envergure sur la
réglementation des grands pollueurs industriels.
«Nous sortons
tout juste de trois ans de consultations, a-t-il déploré. Le
gouvernement ne comprend pas ce que disent les scientifiques concernant
l'urgence de s'attaquer aux changements climatiques.»
Les
consultations se dérouleraient en deux phases. La première, qui
pourrait être complétée d'ici le printemps, déciderait d'un cadre
régulateur général et d'objectifs à court terme de réduction des GES.
Pendant la seconde, qui s'étirerait jusqu'à la fin de 2008, le
gouvernement entend discuter des règles à imposer à différents secteurs
industriels.
Article tiré de CyberPresse.ca