

Birkenau Auschwitz
« Frères juifs, dit-il, une volonté insondable a envoyé notre peuple à la mort; le destin nous a réservé le devoir le plus cruel : celui d'aider à sa destruction et d'être témoin de sa disparition jusqu'aux cendres. Jamais le ciel ne s'est ouvert pour éteindre d'une averse les bûchers qui consumaient les corps humains. Nous devons accepter avec une résignation de fils d'Israël que cela doive, pour nous encore, se passer ainsi. C'est Dieu qui l'a ordonné. Pourquoi ? Ce n'est pas à nous, faibles hommes, de le chercher. »


« Une telle décision nous échoit. N'ayez pas peur de la mort. Que vaudrait la vie, même si, par un curieux hasard, nous parvenions à la conserver ? Nous retournerions dans nos villes et nos villages; des logis froids et pillés nous y accueilleraient. Dans chaque pièce, dans chaque coin, le souvenir de nos disparus flotterait devant nos yeux voilés par les larmes. Sans famille, sans parents, nous errerions sans trouver nulle part d'apaisement ni de repos, comme l'ombre inquiète et pérégrinante de notre ancien moi et de notre passé révolu. »
Tel fut le discours du drayen (prêtre) à 450 témoins de la mort, parmi les derniers juifs assassinés, juste avant le dernier souffle de mort des camps d'extermination d'Auschwitz-Birkenau (le plus meurtrier des six camps d'extermination nazis), qui brûleront à leur tour, consumés par les flammes destructrices qu'ils ont alimentées jours et nuits pendant 5 ans pour le massacre de 1 715 000 juifs, 6 millions au total.