Six ans après la publication de son dernier rapport, le Groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) persiste
et signe : le réchauffement planétaire actuel est bien dû à
l'augmentation des gaz à effet de serre produits par l'activité
humaine. L'influence des changements du rayonnement solaire est même
moitié plus faible qu'on ne le pensait. Elle compte pour moins de 10 %
dans ce réchauffement.
Désormais, le diagnostic est très clair, affirme le climatologue Jean Jouzel.
La seule façon d'arrêter l'augmentation de la température, c'est de stabiliser l'effet de serre. Selon le rapport du Giec, la température moyenne du globe s'est élevée de 0,74°C entre 1906 et 2005,
un réchauffement atypique sur au moins les 1300 dernières années.
Faute d'une réduction globale et rapide des émissions de gaz à effet de
serre, la température moyenne de la planète dans un siècle sera 1,1 à
6,4°C plus importante qu'aujourd'hui. Le niveau de la mer sera plus
élevé de 18 à 59 cm.
S'il ne fait plus guère de doute que
l'homme est responsable du changement climatique en cours, le rapport
du Giec pointe toutefois le rôle du Soleil dans les variations récentes
du climat de la Terre. Ainsi, une fraction significative de la
variabilité de la température sur les sept siècles antérieurs à 1950
est très vraisemblablement attribuable à des éruptions volcaniques et à des changements dans le rayonnement solaire. En
avril prochain, les experts du Giec présenteront la seconde partie de
leur rapport, consacré à l'impact prévisible du changement climatique
sur les populations et les écosystèmes.
David Fossé
Le 2 février 2007