La simplicité volontaire est un mouvement de société, à base plus individuelle qu'institutionnelle, qui propose à chacun de réduire sa dépendance à l'argent et à la vitesse, à libérer du temps pour la communauté plutôt que de l'utiliser pour gagner plus d'argent, de favoriser les comportements écologiques et respectueux de la société : le temps libéré ainsi doit être employé à un effet débond, plutôt qu'un effet rebond.
On peut tracer son origine en Europe dans les écrits de Léon Tolstoï et de John Ruskin (Uto This Last). Il est représenté en France par notamment par les Communautés de l'Arche de Lanza del Vasto, inspiré par Gandhi, lui-même inspiré par Ruskin.
Il existe aussi en Amérique du Nord, et particulièrement au Canada, sous l'influence de penseurs comme Serge Mongeau et des éditions Écosociété.
L'idée est de chercher la simplification pour améliorer sa qualité de vie. Cette philosophie de vie est née du constat que la consommation n'apporte pas le bonheur et accroît l'aliénation. Dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d'argent pour satisfaire des besoins matériels de plus en plus nombreux qui pourtant ne le seront jamais en raison de leur renouvellement incessant. L'idée de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d'avoir moins besoin d'argent et moins besoin de travailler. En diminuant la contrainte de la consommation et du travail, on gagne alors du temps pour ce qui est important pour soi.
La simplicité volontaire n'est pas la pauvreté ni le sacrifice. C'est un choix de vie délibéré. À ce propos, nous pourrions citer une maxime du philosophe Henri Bergson : "Ce qui est beau, ce n'est pas d'être privé, ni même de se priver, c'est de ne pas sentir la privation". D'ailleurs, le philosophe français a écrit avec une grande perspicacité, dans le dernier chapitre de son dernier livre Les deux sources de la morale et de la religion un diagnostic de la situation dans laquelle nous nous trouvons présentement face au problème de la surconsommation : "Jamais, en effet, les satisfactions que des inventions nouvelles apportent à d'anciens besoins ne déterminent l'humanité à en rester là ; des besoins nouveaux surgissent, aussi impérieux, de plus en plus nombreux. On a vu la course au bien-être aller en s'accélérant, sur une piste où des foules de plus en plus compactes se précipitaient. Aujourd'hui, c'est une ruée." (1932) la simplicité volontaire se veut justement comme une solution à cet engouement pour les produits de consommation que prévoit Bergson. En précurseur de ce courant, il précise les conditions de réalisations de cet idéal comme suit : "l'avenir de l'humanité reste indéterminé, parce qu'il dépend d'elle." Il faudrait donc miser, selon Bergson, sur une éducation qui permet à la fois de comprendre l'impact de notre consommation grâce aux connaissances scientifiques et à la fois de développer notre goût pour des objets qui favorise véritablement notre accomplissement personnel.
Ainsi, la simplicité volontaire, dans le sens où elle limite la consommation de biens matériels, contribue à ralentir la destruction des ressources naturelles ; l'écologie et la préservation de l'environnement font partie des préoccupations premières des volontaires, qui ont pris conscience de l'imminence de la crise écologique.
Les influences sont multiples ; on peut considérer Ivan Illich et son ami Jacques Ellul comme deux des pères de l'idée de décroissance et de simplicité volontaire. Dans le domaine de la philosophie, on peut remarquer des similitudes frappantes entre la simplicité volontaire et la philosophie d'Épicure, dont Bergson se réclame d'ailleurs explicitement. En effet, Épicure procède à une critique des besoins qui ressemble fort à celle proposée par la simplicité volontaire. Les deux pensées nous invitent à discerner le nécessaire du superflu, le naturel de l'artificiel, et à un retour vers la simplicité.
En bref, si l'on peut dégager aujourd'hui un courant de pensée dont les individus tentent de modifier leur impact environnemental, ainsi que de sensibiliser le reste de la population à cet enjeu, on trouverait de nombreuses traditions à travers l'histoire de l'humanité qui ont été aspiré par le même idéal. Que l'on pense par exemple à tous les groupes religieux tels que celui lié à François d'Assise, et même avant la secte des esséniens (adepte de l'alimentation crue) ceci pour l'occident et du côté oriental on trouverait également de nombreux mode de vie liés notamment à l'hindouisme et au bouddhisme.
A la différence de la décroissance soutenable, l'approche promeut plutôt l'initiative individuelle que des mesures collectives institutionnalisées.