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Mes délires, divagations et folies sur : musique, cinéma, société, coups de coeur et coups de geule, mes textes et poèmes, Johnny Depp, Tim Burton, Peter Jackson, film d'horreur, Nostradamus, Vampires, Leonardo da Vinci, dictionnaire elfique, bons plans,

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Catégorie 3


    La catégorie III contient des films très barrés qui seraient inacceptables s’ils n’avaient pas recours à un humour et une dérision très appuyés. Ces festins chinois sanglants composés de crimes, de viols, d’érotisme, de cannibalisme, de machisme, de misogynie, de morale bafouée et de mauvais goût peuvent se voir – ou même prétendre à être – des alternatives aux premiers John Waters (Pink Flamingos) ou aux œuvres les plus transgressives de Peter Greenaway (Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant). Souvent, des objets dégénérés comme Dr. Lamb, The Untold Story, A Day Without A Policeman, sont réalisés par des cinéastes inégaux: certains d’entre eux se sont spécialisés dans le genre comme Herman Yau (Ebola Syndrome), Billy Tang ou encore Chin Chi-Kei. D’autres ont proposé des incursions plutôt mémorables à l’instar de Ringo Lam et de son Full Contact. Sortis cette semaine sous la bannière de Metropolitan, on retrouve le monument Ebola Syndrome, mais aussi Raped by an angel, Daughter of Darkness, Red to Kill et Run to Kill.

Le phénomène Ebola Syndrome

    L’événement de cette collection reste incontestablement Ebola Syndrome, d’Herman Yau, l’un des meilleurs catégories III avec, bien sûr, The Untold Story. Il a été réalisé en 1996 au moment où le cinéma HK bat de son plein cœur cinéphile et que les catégories III ont le vent en poupe. Ici, Herman Yau Lai-to reprend tous les ingrédients marquants de son impressionnant Untold Story et les colmate dans un nouveau festin plus rutilant avec le même argument principal : Anthony Wong. Il suffit au spectateur de regarder cinq minutes de ce film pour se faire une idée de sa capacité émotionnelle à endurer des images graphiques, violentes ou potentiellement marquantes. Soyons clairs : Ebola Syndrome n’est pas un précipité crapoteux qui joue la carte du vérisme ou un énième avatar des Face à la mort ou de Camp 731. Il s’agit juste d’une comédie irresponsable et très glauque qui sourit à l’ironie de la vie et prend le parti de tourner en dérision des choses horribles. En d’autres termes, Ebola Syndrome ferait passer un film de Takashi Miike pour une bouillie puérile pour ados mal dégrossis parce qu’on y voit tout ce qui est usuellement éludé ou suggéré au cinéma : des animaux découpés en gros plan (grenouilles, poulets…) à des comportements tout sauf politiquement corrects (une gamine badigeonnée d’essence pour être cramée).



    Cela nous ramène au fameux conflit de John Waters qui a sans doute dû voir le film et l’apprécier : la frontière entre le bon mauvais goût et le mauvais mauvais goût. Herman Yau répondrait certainement qu’Ebola Syndrome se situe dans le mauvais mauvais goût tout en le trouvant délicieux et par conséquent bon. Quant à l’odorama, ce n’est plus la peine puisque la mise en scène et les effets du cinéaste sont si efficaces qu’ils parviennent à nous donner la nausée et nous faire ressentir ce qu’on pourrait appeler la grande poubelle intérieure du protagoniste (un plan subjectif dans sa bouche est à ce titre marquant). Son odeur nauséabonde colle au film d’un bout à l’autre.

    Le pré-générique résonne comme une mise en garde à ceux qui oseraient tenter l’aventure. A-Kai (Anthony Wong, déjà terriblement marquant dans The untold story), gangster exécrable, zigouille son boss qui l’a surpris en train de baiser sa femme. Unique survivante du carnage, une gamine, effrayée et marquée à vie, échappe in extremis des griffes du vilain Anthony. Dix ans plus tard, la fillette a grandi et A-Kai est devenu serveur payé à la sauvette dans un restau de Johannesburg qui ne connaît sensiblement pas le mot hygiène. Changement de cadre : l’ancien gangster part avec son nouveau patron chercher des cochons dans un village Zulu, assiste à des rites vaudous, s’engueule sévèrement avec son semblable... Alors qu’il errait gentiment au bord d’une rivière, il croise une autochtone à moitié dépoilée qu’il aimerait bien violer. Pendant le coït, cette dernière est soudainement assaillie de spasmes convulsifs du genre inquiétant. Problème : la demoiselle en question est atteinte du virus Ebola. C’est le début de la fin. Sur le papier, le film présente une vision si atroce de l’humanité qu’on serait tenté de fuir toute envie de reluquer l’objet. A l’écran, le résultat se contrefout royalement des tabous et des valeurs et rigole de ses transgressions diverses et variées (cannibalisme, viol…) assumées avec un mauvais goût. Alors que certaines exégèses sont encore en train de se demander si tout ceci n’est pas une métaphore sur le SIDA, d’autres préfèrent prendre cette histoire de zozos au millième degré. Et, en effet, il est préférable de laisser ses élans humanistes au vestiaire et de succomber sans rechigner à la surenchère cradingue de ce film qui n’a honte de rien, pas même de susciter de vilains relents chez le spectateur. Il vaut mieux regarder Ebola Syndrome du même œil rigolard que le Braindead, de Peter Jackson qui fonctionnait également sur la gradation goguenarde et les effluves hémoglobineux.



    En réalité, Ebola Syndrome, produit par Wong Jing, appartient à un genre précis avec des codes déterminés : la catégorie III, classification des films pour adultes qui fait florès dans l’industrie HK. On pourrait reprocher au film deux parties trop distinctes dont l’une (la première) s’avère plus déjantée et folle que l’autre (la seconde). En sus de quelques autocitations qui appuient trop clairement la référence à The Untold Story (Anthony Wong qui zigouille le patron et sa femme castratrice pour les transformer en hamburgers prêts à déguster est flagrant) dont il est une quasi-relecture. Osons : Ebola Syndrome s’impose presque comme une parodie volontaire d’Alerte! de Wolfgang Petersen que ce soit dans le sujet ou les scènes finales…

Anthony Wong, serial killer malgré lui

    Quand un individu est armé de trop mauvaises intentions, il se pourrait qu’il contamine son entourage par son odeur pestilentielle. Ebola Syndrome ne parle que de ça : de la pourriture humaine, d’une humanité en perte de vitesse, d’individus cramés jusqu’à l’os qui n’ont plus une once d’humanité. Et il n’y avait qu’Anthony Wong, avec son physique particulier et sa propension à jouer des rôles extrêmes, pour incarner une ordure pareille. L’acteur avait déjà marqué tous les spectateurs courageux qui avaient succombés au précédent Untold Story dans lequel il incarnait un psychopathe. Pour faire un état des lieux, l’acteur est considéré comme l’un des meilleurs acteurs de l’ex-colonie et demeure célèbre pour être le spécialiste ès-catégorie III (Erotic Ghost Story 2, de Peter Ngor). Les cinéphiles les plus sourcilleux souligneront ses rôles dans A toute épreuve, de John Woo, Full Contact, de Ringo Lam et plus récemment Time and Tide, de Tsui Hark ou Infernal Affairs, de Andrew Lau et Alan Mak. Pour tout ceux qui aimeraient découvrir la filmo de cet acteur d’exception, Ebola Syndrome constitue une sorte de passage obligatoire tant l’acteur trouve ici sans conteste l’un de ses rôles les plus barrés. A-Kai est un individu pas franchement fréquentable, ordurier, cruel, inhumain, pervers, raciste… qui transmet un virus à tout ceux qui mangent dans son restaurant ou qui ont la malchance de croiser son chemin. Il va même jusqu’à cracher sur les gens pour qu’ils soient contaminés. Le syndrome Ebola est si redoutable et pervers qu’il peut attaquer n’importe qui et promet par conséquent une destruction humaine à grande échelle, à géométrie variable...


    Le passage le plus drôle du film est également le plus ironique : lorsqu’on apprend qu’une personne sur dix millions sera immunisée contre le virus après avoir été contaminée. Elle n’en sera pas moins porteuse et dangereuse pour autrui. Et la personne en question, c’est lui. La première audace de ce film, placé sous le signe de la farce morbide, consiste à prendre comme protagoniste un antihéros qui incarne le mal absolu, débarrassé du moindre scrupule ou d’une quelconque forme de compassion. Qu’il s’agisse de se masturber dans la viande pour la remettre aussitôt dans la chambre froide du restau ou de zigouiller la femme de son boss en morceaux (les bras nous en tombent), notre homme sait manier le hachoir avec dextérité et n’a rien à carrer des autres bipèdes. Avec le recul, si le monstre Wong bouffe les autres acteurs, il n’en demeure pas moins que les personnages secondaires ne valent pas mieux dans leur médiocrité et sont dessinés de manière si outrancière qu’ils deviennent vite des caricatures ambulantes. Tous sont uniformément affreux, sales et méchants. Inutile de fait de chercher un quelconque espoir. C’est peut-être d’ailleurs là où le bât blesse finalement avec Ebola Syndrome. A force de tout traiter par le cynisme, on peut finir par se désensibiliser, voire se désintéresser, du spectacle et ne trouver que tout ce grand rollercoaster ne ressemble finalement qu’à un enchevêtrement de séquences trash sans grande ossature narrative. Mais assez rapidement, on se rend compte que tout le récit tourne autour de l’ordure (Anthony Wong) et s’abîme volontairement dans un registre ordurier pour pousser à réagir.


    Le restaurant dans lequel échoue A-ka peut être perçu comme un vaste bordel dans lequel les serveurs crachent dans le thé des clients. Le jeu sur les dialogues se révèle passionnant parce que les restaurateurs chinois disent entre eux des choses qui ne sont pas compréhensibles pour les quidams, les convives, les étrangers etc. Ainsi, ils peuvent se permettre d’asséner les pires horreurs en ayant la chance de ne pas être compris. Et souvent ces horreurs ont un caractère raciste. Pas la peine de dénoncer cette méchanceté puisque le film en joue sciemment, et bien sûr s’amuse avec les réactions probables du spectateur à la fois hilare, perplexe ou gêné. Le niveau de frustration sexuelle chez A-Ka est tel qu’il en est réduit au réflexe onaniste et, quand cela ne lui suffit plus, au viol. Une scène dans un hôtel nous le montre réclamer des prostituées pour satisfaire tous ses besoins longtemps inassouvis. Sexualité brutale, désir et amour absents… Sans entrer dans les détails vertigineux de ce film lipide qui parle mieux avec ses images, disons que l’expérience vaut le détour ne serait-ce que pour vérifier ses propres limites (peut-on rire de tout ?). Selon Yau, la réponse est oui et il nous délivre la plus périlleuse des démonstrations. Le cinéaste transgresse les tabous pour mieux titiller notre impassibilité face aux images avec des viols, du cannibalisme, ouvertement, sans détour, lucide, terrible, StreetTrashien et presque surréaliste.

Raped by an angel : une histoire de viol et de vengeance où on fait la morale avec le sida

    Présenté comme une suite de Naked Killer (on peut également le trouver sous le titre Naked Killer 2 alors que son seul point commun réside véritablement dans le casting), Raped by an angel, de Wong Jing et Andrew Lau (oui, bien avant Infernal affairs) est le premier d’une longue série appelée les «raped» qui proposent plusieurs variations autour des viols et s’amusent à transgresser les plus grands tabous: sida, inceste, pédophilie, nazisme. Ce n’est pas toujours très bien réalisé mais la conviction des acteurs dans ce genre de précipités amoraux est toujours fascinante. L’histoire s’attarde sur un jeune homme a priori accordé avec l’existence qui en fait a juré de violer deux nanas d’une pub. Son but ne consiste pas seulement à violer la victime mais à la faire moralement chanter et que les conséquences soient terribles. Si toute la première partie est une histoire d’agression qui renvoie beaucoup à l’esprit des slasher (dans la première scène, le violeur observe sa copine avec un masque façon Jason Vorhees ou lorsqu’il se sert d’un déguisement de clown pour lui faire peur), la seconde s’inscrit plus comme une histoire de vengeance où littéralement le réalisateur fait intervenir les triades via une histoire de séduction anecdotique.




    Le grand sujet du film, c’est le sida que Jing traite avec ironie et mauvais goût, à travers un personnage féminin séropositif qui subit le rejet d’une de ses copines ou encore les scènes de viol où le cinéaste insiste généreusement sur le violeur qui met son préservatif. C’est plus dégueulasse qu’érotique d’autant que, comme dans toute catégorie III qui se respecte, les idées du film (le sida pourrait bien être un moyen de se venger, la chantilly est plus efficace que la vaseline...) cherche à heurter le spectateur. Malgré toutes les ignominies, le film réussit à faire rire par sa propension à se moquer de ce que le spectateur peut penser. Dans une scène surréaliste d’anniversaire, on peut voir la mère d’un chef des triades débiter des insanités et le quota gore est assuré par une scène avec une tronçonneuse. Mais le film reste plus violent par ce qu’il dit que par ce qu’il montre.

Daughter of darkness : Anthony Wong enquête sur une famille décimée

    Daughter of darkness a eu un tel succès qu’il a engendré une suite (Daughter of Darkness 2) ainsi qu'une variation masculine (Brother of Darkness). S’il bénéficie d’une prestigieuse réputation, ce film a surtout le cul entre deux chaises entre sa volonté de jouer à fond la carte de la provocation (gros plans sur les cadavres ensanglantés, beaucoup d’ironie, fin immorale, viols, vengeance etc.) et sa terrible maladresse dans la dramaturgie qui se résume à des fragmentations et des flash-backs montés à la serpe. Tel quel, c’est l’histoire d’un Rape and revenge misérabiliste au dernier degré: une jeune femme, sorte de Cendrillon chinoise, tue toute sa famille parce qu’elle a été maltraitée par ses soeurs et sa mère et violée par son père. Entre temps, un inspecteur – Anthony Wong, pervers comme toujours – et son assistante mènent l’enquête (il tâte les seins des victimes pour déterminer l’heure d’un décès, prend des photos avec les cadavres, essaye de mater une demoiselle du balcon d’en face etc.). Les moments de comédie dignes de Tinto Brass alternent avec des parenthèses tragiques façon sitcom sous acide à la Oliver Stone (Tueurs nés) avec des personnages tellement outrées qu’on ne sait s’il faut rire, s’émouvoir et s’effrayer des situations.




    L’ambiguïté est tangible dans certains plans où le réalisateur mise sur le voyeurisme du spectateur et se complaît à filmer un père de famille qui mate sa fille sous la douche à travers un trou de serrure. Ce qu’on y voit est aussi excitant que ce que l’écrivain du Quatrième Homme (Paul Verhoeven) voyait, mais on ne peut s’empêcher de penser à la perversité de la situation. En filigrane, il critique le système communiste chinois à travers des scènes musclées de délation forcée dans un commissariat. L’inspecteur balance même à un moment que «la dénonciation est la vertu traditionnelle des chinois» et abuse de son pouvoir sur ses contemporains. L’atmosphère est légère alors que tout ce qui se passe est monstrueux. Le dénouement, en particulier, transforme l’horreur de l’existence en mélodrame ouvertement dégueulasse. Ça ne fait que le rendre plus drôle et corrosif, aussi nihiliste que pouvait l’être par exemple Female Trouble et sa fin choc ou même, plus tard, dans un genre différent, le si conspué Dancer in the dark, de Lars Von Trier.

Red to kill : le diable s’habille en rouge

    Dès qu’il voit du rouge, un homme devient sexuellement agressif et assassine ses proies. Comme en plus il dirige un hôpital pour jeunes attardés mentaux et tombe amoureux d’une Ming Ming qui rêve de devenir danseuse, il va être très très méchant. Red to Kill est un cas précis dans la catégorie III. Il est réalisé par un spécialiste du genre: Billy Tang. Et autant le savoir: le film vaut pour la dernière demi-heure ultragore d’une intrigue nihiliste qui plonge dans un Hong Kong interlope. On peut s’amuser à créer des liens avec les autres opus de la sélection comme Raped by an angel qui contient quasiment la même scène de procès où la jeune violée passe presque pour la coupable (l’agresseur est libéré faute de preuves tangibles) et le même tueur schizophrène qui cache sa monstruosité sous une apparence lisse et insoupçonnable. Dans le sillage des autres catégories 3, les pourritures sont mises en avant (l’obsession du rouge vient d’un traumatisme enfantin) et la morale n’est pas sauve (la conclusion se veut tragi-comique). Comme dans Daughter of Darkness, l’humour naît de la surenchère et de la cruauté du propos fièrement assumé. C’est un peu la face sombre des films avec Jackie Chan. On notera également que les femmes sont traitées comme des objets que l’on aime balancer sur des meubles. De quoi faire beugler les proféministes frustrées qui trouveront ça scandaleux. Donc bonne nouvelle.

Run and Kill, Sympathy for Mister Vengeance (Kent Cheung)

    Run and Kill, le second opus de Billy Tang proposé dans la sélection, constitue le shockasia qui fait montre de vraies ambitions visuelles et narratives. C’est une réussite notable qui à aucun moment ne sent l’approximation ou le bâclage. Les fils scénaristiques se rejoignent et le tout forme une tragédie presque Shakespearienne cohérente. Bosseur infatigable, époux modèle, père exemplaire, Cheng est ce qu'on appelle communément «un type bien». Mais un après-midi, tout son petit paradis artificiel implose lorsqu'il découvre sa femme, au lit, avec un autre homme. Il se réfugie alors dans un bar où son destin bascule. Ivre mort, il engage, par mégarde, un tueur à gages pour tuer sa femme et l'amant de celle-ci. Le tueur s'exécute et réclame son dû. Cheng ne pouvant pas payer, sa boutique est détruite et les ennuis s'accumulent : Cheng provoque, en effet, la mort du frère d'un vétéran du Viêt-nam. Assoiffé de vengeance, ce dernier, psychopathe notoire, kidnappe la mère et la fille de Cheng.

    Le film, pourvu d’une vraie mise en scène et d’un vrai regard de cinéaste, narre donc une descente aux enfers convulsive qui démarre d’un confort familial presque américain (femme a priori aimante, gamine adorable) pour s’abîmer dans l’horreur et sur un postulat ouvertement misogyne (si t’es trop gentil avec ta femme, elle pourrait bien te tromper derrière ton dos). Pour le personnage principal, brave bougre, c’est la perte de l’innocence et la découverte que le monde contient une part de monstruosité. Le film suit cette (dé)gradation qui s’intéresse au phénomène du dérapage et de la cause à l’effet: comment une succession d’événements tragiques va mener un personnage à sa perte. Tang a recours à l’ironie dans certaines situations: l’argent que la femme du protagoniste convoitait (elle semble s’être mariée avec lui que pour des raisons bassement pécuniaires) va servir à payer un homme pour la liquider. Certains pourront toujours dire que le film pousse le mauvais goût jusqu’au chantage émotionnel avec une histoire de vengeance où, comme dans Ebola Syndrome, une petite fille se fait calciner en direct. Oui mais voilà, loin de ressembler à une babiole comme le genre catégorie III en produit des quantités hallucinantes, la tonalité plus sérieuse de ce film très sombre impressionne. La réussite est également redevable à un excellent acteur: Kent Cheng que l’on a déjà vu dans Le parrain de Hong Kong et Crime Story et qui n’a pas son pareil pour communiquer des émotions fortes en en faisant le moins possible. Ce film a certainement dû servir d’inspiration à Park Chan-Wook pour réaliser Sympathy for mister Vengeance.


Article tiré de DVDrama.com
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