Jonathan Demme part à la rencontre de Neil Young, à
loccasion des deux concerts donnés par le loner au Ryman Auditorium,
studio mythique de Nashville, les 18 et 19 août 2005. Un documentaire
passionnant qui sadresse essentiellement aux fans du chanteur folk.
Jonathan Demme, cinéaste éclectique et engagé qui naime pas les
carrières toutes tracées et les bénis oui-oui, ne pouvait que voir en
Neil Young une figure éminemment politique même sil célèbre sa musique
avant de parler de ses revendications. La démarche est moins
opportuniste quaffective à lheure où de nombreux documentaires
musicaux ne cessent de fleurir sur les écrans. Le réalisateur de Beloved la contacté au moment où lartiste, réputé ours, venait décrire son album Prairie Wind, peu après avoir été victime dun accident cérébral.
Même si Heart of Gold
a été réalisé avant, il aurait été intéressant par exemple de savoir
plus explicitement ce que Neil Young pense de la politique de Bush :
aux dernières nouvelles, il a été attaqué en justice par le
gouvernement américain qui lui réclamait 10 millions de dollars pour
avoir utilisé illégalement des samples de George W. Bush dans un des
morceaux quil a écrit dans son dernier album Living in war et
il paraîtrait même que la C.I.A. aurait fait courir la rumeur selon
laquelle Young fabriquerait secrètement des armes de destruction
massive dans son grenier. Balivernes générées par le fait que le
musicien sinscrit ouvertement contre les absurdités politiques dun
pays quil méprise dans ses textes.
Dans ce concert filmé, loin de toute propagande complaisante, Jonathan
Demme a évité les backstages et les interviews pour donner plus
dimportance à la musique et à la dimension scénique. Il na pas voulu
filmer les spectateurs pour renforcer limpression que nous assistons à
un concert dans une salle de cinéma. Doù la nécessité de le voir au
cinéma, dans des conditions maximales. En profane sceptique, Michel
Gondry a récemment filmé le hip-hop via le Block Party de David
Chappelle avec une grâce absolue. Comme ce dernier, Demme affiche la
même volonté douverture sur un style pas forcément assimilé et le même
désir de faire passer avant tout ce quil montre sans souci
égocentrique.
Débarrassé des contingences du genre et saxant sur le plaisir de la
musique, Demme parle en tant que fan et sadresse essentiellement aux
mélomanes tout en cherchant à se distinguer des autres. Mais la seule
limite de son film est celle que Block Party na pas : Heart of Gold ne prêchera sûrement que les convertis.
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Article tiré de DVDRama.com